Un petit geste à la fois : le parcours d’une entrepreneure engagée

Publié le 12 janvier 26

Quand on parle de développement durable, on pense souvent aux grandes entreprises, aux changements systémiques ou aux politiques publiques. Pourtant, ce sont aussi des personnes comme Lucy-Nadia Castonguay, propriétaire de la boutique Les Passions de Kémini à Rivière-du-Loup, qui font avancer les choses, un petit geste à la fois.

Son entreprise, à la fois boutique de produits de beauté et espace d’ateliers, est née d’une passion profonde pour le prendre soin de soi, les produits locaux, et la transmission de savoir-faire. « Je suis coiffeuse de métier, mais la santé m’a amenée à me réorienter. Avec ma boutique, je peux rester proche des gens, promouvoir les produits d’ici et continuer à transmettre. »

 

💼 Une entrepreneure qui faisait déjà du développement durable sans le savoir

Avant même de s’engager dans la cohorte Détail Québec, Lucy-Nadia posait déjà des gestes écoresponsables au quotidien : réutilisation des papiers d’emballage, choix de produits plus naturels, conservation des boîtes et des matériaux de remplissage, etc. « Je le faisais pour économiser, mais sans y apposer l’étiquette développement durable! »

Son déclic est survenu de façon inattendue : « J’avais fait une demande de subvention, et on m’a dit que mon projet n’était pas en lien avec le développement durable. Sur le coup, ça m’a déstabilisé… et puis j’ai entendu parler du Parcours éco+ responsable de Détail Québec. »

La cohorte lui a permis de donner un sens plus large à ses gestes, d’acquérir un vocabulaire, de structurer ses réflexions… et de réaliser que sa démarche avait d’autant plus d’impact qu’elle était déjà ancrée : « J’ai réalisé que, sans le savoir, je faisais déjà plein de choses dans cette direction. Le parcours m’a permis de réaliser que je n’étais pas une imposteur, et que chacun peut agir à sa manière. »

Lucy-Nadia Castonguay, propriétaire de la boutique Les Passions de Kémini

 

🧬 De nouvelles idées et de nouveaux réflexes

Au fil des ateliers, plusieurs déclics ont nourri la créativité de Lucy-Nadia. Elle a notamment repensé la façade de sa boutique : « J’ai toujours des fleurs devant la boutique. Là, j’ai eu l’idée de mettre des fleurs comestibles, qui pourraient aussi servir dans mes produits ou mes ateliers. » Elle a aussi développé des sacs-surprises à partir des invendus, aménagé un petit espace de repos devant sa vitrine pour les clients et passants, et commencé à mieux observer les possibilités de collaboration avec ses voisins commerçants.

D’autres changements se sont faits plus en profondeur, comme l’intégration du principe d’économie circulaire : elle propose maintenant des produits faits à partir de retailles de cuir ou de tissus, et envisage différemment ses choix d’approvisionnement. « J’ai pas encore rempli ma grille d’analyse sur papier, mais elle est dans ma tête. Je réfléchis aujourd’hui autrement. »

 

Un parcours structurant et stimulant

La formule du parcours a joué un rôle clé dans cette transformation. « Les ateliers m’ont permis d’apprendre, les rencontres d’accompagnement m’ont donné un cadre pour réfléchir, structurer mes idées et faire mes devoirs. C’était un moment à moi, pour penser autrement à ma boutique.»

Elle retient surtout l’aspect humain de la cohorte : « On s’entraide, on partage, on se rend compte qu’on vit toutes et tous les mêmes réalités. » Cette bienveillance collective l’a encouragée à voir plus loin, à se projeter. Elle en repart également avec idées supplémentaires à court terme, comme de devenir point de dépôt pour certaines matières (piles, électroniques), ainsi que de mieux valoriser ses marques locales et responsables sur les réseaux sociaux.

 

✨ Un pas à la fois

Pour Lucy-Nadia, la démarche ne fait que commencer. Mais elle sait maintenant que son intuition était bonne, et que ses gestes ont un sens. Elle invite d’ailleurs les autres commerces à ne pas hésiter : « Essayez-le ! On n’a rien à perdre, et on réalise qu’on n’est pas trop petit pour faire une différence. »